Hier – Aujourd’hui – Demain
Les événements d’hier
On est actuellement habitué dans les actualités aux reportages d’attentats aux explosions de puissances variables et dont les conséquences humaines et matérielles sont fonction à la fois de la puissance et du lieu d’explosion .
Quelles étaient les explosions de « jadis »du siècle passé , conséquences des » machines infernales ?
Machine infernale, terme utilisé au cours du 20e siècle pour désigner des engins explosifs déposés sur le parcours de déplacement d’hommes politiques, dans des lieux publics.
Les motivations furent très diverses, mais les techniques artisanales employées causaient paradoxalement des lésions beaucoup plus mutilantes que celles observées actuellement avec des engins explosifs actuels caractérisées par leur puissance de destruction.
Actuellement cette dénomination n’est plus employée, on en trouve une utilisation médiatique lors de l’explosion survenue le 22 avril 1922 dans les locaux du tribunal d’Ajaccio au cours d’une audience.(bilan de 17 morts, blessés ?).[1]
- Le premier emploi date de 1800, le 24 décembre à 20 heure, la voiture de l’empereur se rendant à l’opéra était la cible et les auteurs membres d’un complot royaliste. Le bilan (approximatif) fut de 4 à 10 morts et 28 ou 60 blessés. Le qualificatif de machine infernale fut utilisé dès les premiers jours :il s’agissait d’un baril de poudre contenant de nombreuses pièces métalliques constituants autant d’éclats très meurtriers et délabrant. L’attentat de la rue la rue Nicaiseen1800, l’éruption d’une violence inédite.[2][3]
- Le 28 janvier 1835 ce fut l’attentat contre le roi Louis-Philippe au cours d’une revue militaire. Lors de cet attentat »Fieschi »,il s’agissait de 24 fusils dont la mise à feu était simultanée. Donc fusillade et lésions habituelles des armes à feu pour les 18 morts et 24 blessés.[4]
- Le 14 janvier 1858 ce fut l’attentat « Orsini » contre Napoléon III , l’auteur reprochant à l’empereur sa politique ne favorisant l’unité italienne en maintenant la ville de Rome sous l’autorité du pape. En 1867 à la bataille de Mentana les troupes françaises mirent en déroute « les patriotes de Garibaldi » qui voulaient occuper Rome grâce en partie à la supériorité de l’armement des troupes françaises(les « chassepots » ont fait merveille »). La charge explosive placée sous la voiture fut si puissante, que la voiture se renversa et les deux chevaux furent tués, les occupants sortirent indemnes grâce au blindage du plancher. Le bilan fut de 8 morts et plus de 150 blessés. L’engin « Orsini » devint la référence des machines infernales.[5]
- Puis ce fut entre 1892 et 1894 tous les attentats des groupes anarchistes.[6]
- 1892, Paris, faubourg saint Honoré et Clichy : quelques blessés.
- 1892, Paris, restaurant Very et commissariat des « Bons-Enfants : environ 5 morts.
- 1893, Paris, Palais Bourbon, chambre des députés, 2 bombes déposées par Auguste Vaillant dont une seule explose: une cinquantaine de blessés légers.
- 1893, Barcelone (Espagne), grand théâtre de Liceu ,2 bombe du type » Orsoni » :24 morts
- 1894, Paris, café Terminus et restaurant Foyot :2 morts et 24 blessés.
- Madrid ,Espgne,31 mai 1906, A l’occasion du mariage royal d’Alphonse XIII, une charge explosive dissimulée dans un bouquet est jetée sur le carrosse royal. Bilan 28 morts, une centaine de blessés ,un cheval éventré et le couple royal est indemne.
Conclusions :
Lors des explosions des premières machines infernales il a été souligné la gravité des lésions corporelles avec des corps entièrement déchiquetés, toutes lésions très rarement observées lors des attentats récents en région parisienne ou dans d’autres capitales européennes.Cependant il semble que ces machines infernales soient réapparues avec cette fois des explosifs militaires mélangés avec des morceaux de ferrailles.
Les événements d’aujourd’hui
A la lumière de on compte deux nouveaux types de lésions :
-Les lésions de brulures par immolation criminelles de plus en plus fréquentes, pour l’instant individuelles, elles risquent cependant de devenir collectives dans des attentats dans des lieux fermés( véhicules de transport en commun) ;
– Les lésions provoquées par les voitures et camions-béliers, sont très différentes de celles constatées lors des accidents classiques(collision, retournement) et même de celles observées chez des piétons »renversés ». Les lésions dans ce type d’agressions sont à la fois des écrasements, des broiements… l’attentat de Nice en est un exemple.
Toutes ces données doivent être connues dans l’organisation des secours en raison de l’impact émotionnel de « l’image du corps des victimes ».
Déjà important au 19ème siècle, période où les photos étaient remplacées par des dessins, cet impact a été démultiplié par les reportages, ces faits anciens et récents on pourrait classer les atteintes du corps lors des attentats (à l’exception de celui des victimes ensevelies sous les décombres des effondrements ou incarcérés dans des véhicules) en plusieurs catégories en fonctions des facteurs agressifs utilisés :
- blessures par armes à feu :le corps reste intact, les hémorragies visibles sont peu importantes quand elles concernent le crâne, le thorax et l’abdomen ;
- blessures par armes blanches, de conséquences visuelles très variables suivant la localisation de la blessure et l’arme utilisée : du coup de poignard dans le cœur à l’égorgement ou la décapitation ;
- blessures lors des explosions avec deux sous catégories :
- les corps « propres » avec les blasts pulmonaires ;
- les corps polycriblés, polytraumatisés ,déchiquetés très proches des aspects visuels décrits avec les machines infernales .
Il faut maintenant prendre photographiques en direct : rapidité avec diffusion quasi instantanée, « brutalité » de l’image (souvent recherchée par certains médias), photographies des premiers témoins, démultiplication par les réseaux sociaux …..
Rien ne peut être dissimulé dans ces reportages qui peuvent servir à charge contre les secours par des commentaires critiques coupés du contexte « réalité du terrain.
Les événements de demain
Aux différentes circonstances et moyens d’agressions individuelle et collectives existantes actuellement ,demain il convient de prendre en compte toutes les possibilités liées à l’utilisation des drones dont on connait les multiples emplois dans les conflits armés.
De taille variable, ils sont susceptible de transporter explosifs, substances diverses solides ou liquides.
Leur potentiel d’agression est donc immense et varié d’autant que la protection est difficile car elle est liée à une détection très rapide.
Faut-il conserver une vigilance pour le agressions toxiques, infectieuses et radioactives ?
On garde un souvenir de la surprise de 1995 il y 40 ans avec l’attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo.
Plus récemment (2001) l’agression par des enveloppes contenant une poudre blanche constituée de spores de charbon( plusieurs morts) est relancée actuellement.[ ]
Il semblerait cependant que les agresseurs ont « une préférence » pour les agressions violentes par explosifs, armes à feu, arme blanche…..le sang coule, les blessures sont évidentes, la transmission des images dans la quasi immédiateté confirme et conforte leur position d’agresseur.
[1] https://www.cour.appel.justice.fr
[2]https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/iconographie/lattentat-de-la-rue-saint-nicaise/
[3] L’attentat de la rue la rue Nicaise en 1800, l’éruption d’une violence inédite.
Salomé. Revue d’histoire du XIX e siècle
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